Dessin d'humeur !
Et l'humeur est mauvaise, je vous préviens. Tout d'abord, il me faut féliciter le personnel hospitalier dans son ensemble: des personnes attentionnées, qui à mon sens, font le maximum pour vous accueillir et vous soigner. Malgré les difficultés actuelles, je pense que l'état d'esprit est orienté à 100% vers l'assistance, et on apprécie d'être en France pour bénéficier d'un tel soutien. Merci
Les finances en berne
Plutôt que de râler sans arguments, faisons preuve d'esprit critique; je vous invite à lire ce rapport de la cours des compte de 2025 co-signé par l'inspection générale des finances et l'inspection générale des affaires sociales. On y lira que la situation résulte d'influences multifactorielles mais, je retiens notamment que "Le déficit hospitalier s’est creusé pour atteindre -2,9 Md€ en 2024 sous l’effet d’une croissance annuelle des trois premiers titres de charges de plus de +6 % et d’une moindre dynamique sur les produits, notamment le titre 2 depuis 2019".
Traduction:
Charges Titre 1 - Charges de personnel; Titre 2 - Charges à caractère médical Titre 3 - Charges à caractère hôtelier & général
Produits Titre 2 ce sont notamment les séjours hospitalisés; l'augmentation des opérations en ambulatoire diminue de facto les produits associés.
Le soin préservé, l'accueil délaissé ?
Ce qui suit est issu d'une expérience vraie, mais rien ne prouve qu'on puisse la généraliser.
Les trésoreries étant à plat, les directions sont bien forcées de rechercher les économies. De mon point de vue, cela conduit à créer deux mondes au sein de l'hôpital.
1) Le monde des soins
Ce n'est pas celui que vous atteignez en premier, mais lorsque vous y arrivez, vous sentez le personnel plus en confiance, moins stressé (ou en tout en cas en mode gestion maîtrisée), tout le monde s'agite autour de vous pour vous apporter le plus de confort possible, mental et physique. Les moyens techniques sont déployés, de la high-tech de soin que je vous dis pas, c'est génial, vivent nous !
2) Le monde de l'accueil
Là, on sent direct qu'il y a eu des coupures. Toilettes hors service (pendant une semaine minimum, peut-être plus je vous dis ça la semaine prochaine), accueil par un robot même pour les urgences (genre, comme si vous étiez en état de choisir le bon bouton), attente au service admission, attente de trois à quatre heures d'attente au service urgences (pourtant je peux vous dire que les internes et leurs infirmières n'arrêtent pas une seconde !).
Rajoutons à cela du personnel fatigué, parfois de mauvaise humeur, voire incompétent. J'ose le dire car, le jour de mon intervention chirurgicale, j'arrive aux admissions, et là, la dame me dit "mais c'est pas possible, je vous ai pas, les services sont fermés aujourd'hui". Et ce deux fois, j'insiste, je m'abat sur ma chaise me disant que c'est la fin de ma vie et puis... "ah bah c'est une suite urgence allez-y". Comme si on pouvait savoir ce genre de subtilités nous autres.
Et les comportement des patients ?
Et ben, je ne suis pas sûr que le respect des personnels de santé soit la norme. Moi, quand je suis à l'hôpital, j'ai la queue entre les jambes. Et comme je suis poli où que je sois, j'imagine être pris pour un ange. Pour les autres, je m'interroge. Sur à peu près tous les murs, on lit des consignes et des mises en garde, du type "toute agression verbale est passible de sanctions" , "respectez les personnels de santé" , "aucune agression verbale ou physique ne sera tolérée". Donc, y'a des gens, ils sont malades, ils viennent se faire soigner, et ils cognent ceux qui les soignent. Faut vraiment être débile. Respect à tous les personnels de santé qui subissent ces agressions, toute ma compassion et mes encouragements.
Si l'hôpital doit se remettre en cause, la société doit le faire d'abord. Exigeons un soutien sans faille à notre système de santé et éjectons ces oligarques qui, avec leurs médecins personnels, leurs cliniques dédiées, ne connaissent pas les affres du gueux-patient.