Liberté de la presse

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Une table ronde de la presse Toulousaine

L'ECS  de Toulouse organisait en février 2015 une table ronde sur la liberté de la presse. Etaient invités: Thomas Simonian directeur de la publication du journal Toulousain, Pascal Pallas rédacteur en chef de la voix du Midi, Jean-Wielfried Forquès correspondant local RMC, Le Figaro et BFM TV, Laurent Grably animateur à Radio Kol-Aviv et moi-même. Outre mon témoignage j'ai réalisé quelques dessins pour moi-même. Ci-dessus l'un d'eux, retravaillé après coup.


La liberté de la presse en danger?

Premier élément de réponse: en France la presse reste libre, contrairement à bien d'autres pays où elle est censurée par les pouvoirs en place. Les journalistes -et les dessinateurs de presse- y sont parfois traqués et exécutés. Jean-Wielfried Forquès note toutefois une dérive perceptible, puisque depuis les événements tragiques de Charlie Hebdo, des journalistes peuvent être attaqués sur le sol Français, une première. Il signale aussi son obligation d'être escorté par des gardes du corps pour suivre les manifestations de Sivens... Thomas Simonian souligne la fragilité de la presse vis à vis critère économique, qui, souvent de manière invisible, influence les journalistes. Comment investiguer contre un actionnaire de son journal sans craindre un retour de bâton? Et de promouvoir le modèle coopératif du journal Toulousain, affranchi selon lui de toute influence.

L'importance du ton

Les journalistes font-ils preuve d'auto-censure? Pour moi la réponse est oui. D'une part pour les raisons de professionnalisme (l'information doit être vérifiée, voir plus loin), d'autre part pour des raisons d'influence lorsqu'elles existent. Le dessin de presse n'échappe pas à la règle, mais cela joue le plus souvent sur le traitement de l'information, c'est à dire le ton utilisé.

censure dessin presse
La censure du dessin de presse


Car il ne faut pas confondre le ton et le fond. De mon point de vue, tout sujet peut être abordé, mais le ton employé est déterminant. Du dessin trash d'un Charlie Hebdo enflammé au dessin mièvre d'un Marie-Claire, il existe toute une palette de tons qui vont servir le message à délivrer. Le dessin de presse a par ailleurs cette faculté à détendre le lecteur tout en délivrant un message pédagogique ou en incitant à la réflexion. Une sorte de "bien-être à penser", bien ancré dans la culture française.

L'instantanéité dénoncée

Certains étudiants regrettent les directs "tape-à-l'oeil", voire intrusifs de certains médias, comme les directs TV des chaînes d'information en continu. Chacun de reconnaître une "course à l'exclu" et un questionnement permanent de ce qui peut être montré, et de ce qui ne doit pas l'être. Le WEB cristallise aussi ce phénomène, où les informations sont parfois reprises sans vérifications suffisantes.


Des moutons?

L'effet mouton est justement cette tendance des médias à reprendre les informations de leurs confrères, afin de satisfaire à l'instantanéité du WEB ou de la TV. Laurent Grably dénonce en la matière certaines rares dépêches de l'AFP (Agence France Presse), parfois incomplètes ou inexactes, reprises à l'unisson par les médias, et qui provoquent des effets regrettables.

Le "vrai journalisme"

A l'heure où tout un chacun dispose de la technologie pour diffuser des informations, comme avec Twitter ou Facebook, Pascal Pallas rappelle la fonction du journaliste: apporter des informations justes et vérifiées. Le journaliste sait faire preuve de recul et d'analyse, de capacité de jugement. Sur un fait polémique, il interrogera toutes les parties pour livrer une information la plus complète possible.


La perte de confiance

Plusieurs étudiants ont exprimé leur perte de confiance dans les médias. Un sentiment qui semble intimement lié à leur envie de vérité et de fond. Et c'est ici que tout devient paradoxal: comment obtenir de l'information de cette qualité sans la payer? C'est à dire en s'informant uniquement sur les sites Web gratuits ou avec la "presse" papier gratuite? Une prise de conscience évidente de la part des étudiants, et une attente à satisfaire pour les médias. S'il est facile de dire que l'on a la presse que l'on mérite, il reste néanmoins vrai qu'en France on dispose du choix de ses lectures, et, de fait, du pouvoir de générer une presse de qualité.



Ce post est un extrait des échanges; il ne restitue pas l'ensemble des prises de paroles des étudiants ni des intervenants.
 

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